L’aponévrotomie à l’aiguille

La maladie de Dupuytren a été considérée depuis sa description en 1831 comme une maladie chirurgicale.

Son traitement a été bouleversé par l’émergence de l’Aponévrotomie à l’aiguille, traitement non chirurgical ambulatoire, rapide, performant et peu onéreux, pouvant aisément être réalisé en ville (ou en consultation externe) par un praticien expérimenté.

L’aponévrotomie à l’aiguille a été inventée par le  Dr J.L. Lermusiaux, dans le service de rhumatologie de l’hôpital Lariboisière dés 1972 (première publication en 1979).Ce devrait être aujourd’hui le traitement de première intention de la maladie de Dupuytren

La parution d’études portant sur des séries importantes de patients traités (123mains et 992 mains) a permis de montrer que l’aponévrotomie à l’aiguille est très efficace à court et moyen terme et sans danger entre des mains entraînées.

Les résultats à cinq ans montrent que le taux de récidives à cinq ans est comparable à celui de l’aponévrectomie chirurgicale, bien qu’un peu plus précoces. Cet inconvénient est compensé par la possibilité de refaire une séance d’aponévrotomie à l’aiguille dès qu’une récidive devient gênante. Le traitement des récidives est en revanche très problématique pour la chirurgie.

En quoi consiste l’aponévrotomie à l’aiguille ?

L’aponévrotomie à l’aiguille est un traitement ambulatoire pratiqué sous anesthésie locale au cabinet du praticien et non au bloc opératoire, sans garrot ni anesthésie locorégionale.

Elle consiste à réaliser une ou plusieurs sections à travers la peau des cordes aponévrotiques à l’aide du biseau de l’aiguille utilisée pour l’injection de l’anesthésique local. La section est obtenue par des mouvements de scie imprimés à la seringue, le tranchant de l’aiguille coupant et perforant transversalement la corde dont la rupture est complétée si nécessaire par une extension énergique du doigt.

Un pansement sec, tenu en place par une bande adhésive élastique est gardé trois jours pendant lesquels le patient doit éviter de le salir ou de le mouiller

Dès la fin de la séance, qui dure une quinzaine de minutes, le patient peut se servir de sa main pour les actes de la vie courante, mais ne doit pas faire d’efforts intenses pendant une dizaine de jours. Ce traitement ne nécessite ni rééducation, ni soins infirmiers. Les arrêts de travail sont rares.

La très grande majorité des patients sont traités en moins de trois séances. Le traitement des formes récidivantes après chirurgie donne des résultats inconstants.

Les accidents sont rares dans des mains entrainées (moins de 0,5 pour mille): rupture tendineuse ou nerveuse et encore plus rarement  infection profonde

Les incidents liés à l’aponévrotomie à l’aiguille réalisée par un praticien entraîné sont mineurs : récidives précoces, fissures et déchirures cutanées, perte de sensibilité transitoire, et plus rarement encore douleur traînante, infections superficielles bénignes, malaises vagaux, réactions inflammatoires et hématome.

La maladie de Dupuytren peut donc être traitée efficacement ce qui donne un grand espoir à de nombreux patients handicapés par leurs doigts rétractés et gênant dans leur vie quotidienne

Cette technique est utilisée actuellement dans toute l’Europe, aux USA et au Canada comme traitement de première intention par des rhumatologues et des chirurgiens souvent formés à l’hôpital Lariboisière de Paris.

La multi aponévrotomie à l’aiguille à pratiquer en une seule séance durant ¾ d’heure à une heure de 5 à 15 aponévrotomies, ce qui permet de traiter complètement plusieurs doigts voir la main entière. Il n’y a pas plus de complications qu’avec l’aponévrotomie simple.